Le comportement des jeunes contrevenants et contrevenantes, surtout lorsqu'il s'agit d'actes de violence, fait douter de certaines de nos suppositions les plus fondamentales au sujet du système d'éducation. Lorsque même un petit nombre d'adolescents et d'adolescentes enfreignent la loi ou commettent des actes de violence, leur agression soulève des questions au sujet de la capacité qu'a la société de transmettre les valeurs inhérentes au civisme bienveillant et consciencieux.
Les statistiques fédérales démontrent que le nombre de contraventions et d'actes de violence commis par des jeunes s'est stabilisé au cours de la dernière décennie. Toutefois, le grand public continue de s'en préoccuper vivement. Notre traitement des jeunes contrevenants et contrevenantes est très révélateur de nos valeurs sociales et influera sur le nombre de cas dont notre système judiciaire et correctionnel devra s'occuper à l'avenir.
Dans un document de travail publié en 1993 par le ministère fédéral de la Justice, on affirmait que le taux de criminalité parmi les jeunes au Canada était demeuré plus ou moins constant au cours des cinq à dix dernières années. Pourtant «les Canadiens se soucient de la criminalité chez les jeunes davantage aujourd'hui que par le passé.» Selon les chiffres de 1992 :
Questions à discuter
- Devrions-nous distinguer entre les délits relativement mineurs et les crimes de
violence dans le cas des jeunes contrevenants et contrevenantes? Si oui, comment?
- Pourquoi les enfants essaient-ils de résoudre des problèmes ou d'exprimer leurs
frustrations par un comportement violent?
Selon le ministère de la Justice, les jeunes qui commettent des contraventions sont presque toujours de sexe masculin -- en 1991-1992, des adolescents étaient impliqués dans 80 à 95 p. 100 de toutes les contraventions commises par des jeunes dans chaque province et territoire. Selon le document de consultation, les facteurs qui peuvent pousser les jeunes au crime sont :
La télévision exerce une forte influence sur les opinions et attitudes des enfants. À la fin de leurs études élémentaires, les enfants auront vu au petit écran 8 000 meurtres et plus de 100 000 autres actes de violence. À la fin de la 12e année, ils auront passé entre 3 000 et 4 000 heures de plus devant le téléviseur que dans la salle de classe.
Questions à discuter
- Quel est le meilleur moyen de réagir à la criminalité et à la violence chez les
jeunes? Devrions-nous réagir en imposant des peines plus sévères, en améliorant les
programmes de prévention ou en alliant les deux mesures?
- Quels sont les coûts économiques et sociaux de ces options?
En 1993, un comité de la Chambre des communes a conclu que des programmes d'éducation publique de qualité figurent parmi les plus importants instruments de prévention du crime. Dans son document de travail, le ministère de la Justice déclare que «le système scolaire permet... de rejoindre plus facilement les enfants qui posent des problèmes, de même que leur famille, et ce au moment propice. Les services de protection de l'enfance et le système de justice n'ont pas cet avantage.»
«Certaines personnes sont d'avis que les écoles devraient offrir des cours de gestion de la colère et de règlement non violent des conflits», d'ajouter le ministère. «Les enfants qui apprennent de telles techniques seraient ultérieurement moins susceptibles de commettre des crimes, en particulier des crimes violents.»
Dans un autre rapport récent du gouvernement, des associations canadiennes de policiers et policières au Canada ont décrit le système scolaire comme «principal organisme de la collectivité où aborder le problème de la "jeunesse en danger"», tout en reconnaissant que les écoles doivent répondre à des attentes sans cesse grandissantes avec des fonds réduits. Le rapport met l'accent sur le besoin d'une collaboration accrue entre les organismes communautaires pour résoudre le problème des «jeunes à risque».
Questions à discuter
- Devrait-on offrir dans les écoles des programmes destinés à réduire la
criminalité et la violence chez les jeunes?
- Comment peut-on neutraliser l'influence négative de la violence à la télévision?
- Que peuvent faire les parents et d'autres adultes pour offrir aux jeunes des modèles de
rôle sains et non violents? Comment la société peut-elle appuyer leurs efforts?
Voici une des fiches-débats élaborées par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants dans le cadre de sa campagne des Dossiers nationaux en éducation. Cette campagne a pour but d'engager un dialogue avec les parents, les élèves, les syndicats, les gens d'affaires, le monde des sciences et de la technologie, de même qu'avec les autorités gouvernementales, pour étudier trois questions d'importance :
En tâchant de répondre à ces questions, les Canadiens et Canadiennes aideront notre système scolaire à s'adapter aux besoins d'une société changeante. La profession enseignante tient fermement à un processus de discussion et de collaboration destiné à définir des attentes réalistes à l'égard des écoles et à établir de nouveaux partenariats en vue d'en assurer la réalisation.
Pour de plus amples précisions au sujet de la campagne des Dossiers nationaux en éducation ou sur la criminalité et la violence chez les jeunes, veuillez écrire à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants au 110, avenue Argyle, Ottawa (Ontario) K2P 1B4, téléphoner au numéro (613) 232-1505 ou télécopier un message au (613) 232-1886.