Dans le cadre du Concours Reine Elisabeth, consacré cette année au violon, la jeune asbl "Stradici" a mis sur pied une exposition des luthiers actuellement actifs à Bruxelles. Le public a pu découvrir l'art de la lutherie grâce à des panneaux didactiques d'une part mais aussi par un atelier de lutherie spécialement recréé dans le cadre de l'exposition.
Un atelier actif puisque de son établi, un violon est né en une semaine à peine des mains d'onze luthiers participant à cette exposition et se relayant par équipes de deux : Thomas Bertrand, Frédéric Desimpel, Pascal Gilis, Antoni Jassogne, Thomas Meuwissen, Philippe Poisonniez, Jean Strick, Jessica Tamsma, André Theunis, Philippe van Geffel et Isabelle Wilbaux.
On ne pouvait concevoir meilleure initiative pour permettre au public de s'initier aux étapes de la fabrication d'un violon, aux gestes de cet artisanat.
"Cette expérience a permis de nombreux échanges entre les luthiers : échange d'idées, de conception, de technique, qui furent très enrichissants. La difficulté était parfois de reprendre le travail déjà débuté par d'autres mains et cela nécessitait toujours un petit moment d'adaptation avant de s'y plonger réellement" confie Isabelle Wilbaux, l'une des fondatrices de l'asbl "Stradici" avec Thomas Bertrand et Thomas Meuwissen.
Le public a apprécié cette expérience. Certains ont découvert un métier qu'ils ne connaissaient pas. D'autres, plus avertis, n'ont pas caché leur fascination de pouvoir découvrir certaines étapes de la fabrication, de voir les gestes du luthier, les outils utilisés...Certains ont ainsi suivi pas à pas l'évolution de la construction de l'instrument et le jour où il a poussé ses premières notes, un homme a débouché une bouteille de champagne !
"Le violon a été monté en blanc le dernier jour de l'exposition. Ce fut un moment de grande émotion que d'entendre cette réalisation commune. Nous étions tous agréablement surpris de la chaleur et de l'ampleur de sa sonorité." conclut Isabelle Wilbaux.
Aujourd'hui achevé et vernis, ce violon vit sous les doigts d'un des lauréats de cette session 1997 du Concours Reine Elisabeth : le Hongrois Kirstof Barati, prix du public, prix Jacques Steeman de la RTBF. Dans ces mains, vibre dorénavant un violon de d'esthétique classique certes, fait d'érable et d'épicéa offerts par la firme Aigrisse, mais à la facture originale car conçu par onze des douze luthiers actifs en cette année 1997 dans la capitale belge.